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La Chute de Constantinople (Istanbul)

 
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turc06


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MessagePosté le: Dim 23 Déc - 13:12 (2007)    Sujet du message: La Chute de Constantinople (Istanbul) Répondre en citant

Devenus les maîtres de l'Asie Mineure et d'une partie des Balkans, les Turcs avaient à plusieurs reprises essayé de s'emparer de Byzance, la vieille capitale de l'empire chrétien d'Orient. Dès son avènement en 1451, le jeune sultan Mahomet II décida de prendre la ville. Byzance (ou Constantinople) avait alors pour chef le basileus Constantin XI Dragasès qui disposait de moins de 10 000 combattants face aux quelque 200 000 hommes du sultan, dont les terribles janissaires.
Le siège commença le 5 avril 1453, à la fois par mer et par terre. La ville était puissamment fortifiée et son port naturel, la Corne d'Or, fermé par des chaînes: Les premiers assauts furent repoussés, mais Mahomet II réussit à faire passer, par la terre ferme, ses navires du Bosphore dans la Corne d'Or. Ainsi maître du port, il pouvait attaquer Byzance de deux côtés. Puis, par une nouvelle ruse de guerre, il fit construire un pont de bateaux dans le fond de la Corne d'Or. Le dénouement était proche.

Jamais un siège ne fut plus fertile en rebondissements. Sans cesse la garnison est attaquée, sans cesse elle est bombardée, et sans cesse elle repousse les assauts, sans cesse elle relève ses murs. Un peu plus difficilement, il est vrai, au fur et à mesure que s'écoulent les jours, que s'épuisent ses forces.
Mais voici que soudain, dans la nuit du 16 mai, un événement inattendu se produit.
Les défenseurs du côté des Blachernes, là ou l'enceinte ne comporte qu'un mur au lieu de trois, entendent un bruit sourd et répété.
Au début, ils n'y prêtent pas attention, cependant il persiste, monotone, cadencé. Il semble provenir de l'intérieur de la terre, en deçà du rempart, dans la ville. Ils tendent l'oreille. On dirait des coups.
Alarmés, ils vont à la place rendre compte. Me Jean Grant, un habile ingénieur d'origine allemande, n'a aucune peine à comprendre: les Turcs sont en train de creuser une galerie. Faute de pouvoir déboucher dans la ville en passant par-dessus les remparts, ils essaient de passer par-dessous.
Pour ne pas attirer l'attention, ils ont commencé leur travail loin en avant de la muraille, et, maintenant, à en juger par le son, ont dû arriver à un demi-mille à l'intérieur. Il n'y a pas un instant à perdre !
On court par toute la ville rassembler les maîtres mineurs qui se hâtent de construire une contregalerie. Les Grecs s'enfoncent, puis cheminent sous terre. Ils se dirigent si bien qu'ils ne tardent pas à déboucher dans le boyau ennemi, se jettent sur ses occupants, et mettent le feu aux étais. Un grondement effroyable retentit. La voûte s'est écroulée sur l'assaillant.
Une fois de plus les Turcs ont été tenus en échec ! Mais, nuit après nuit, ils peuvent recommencer. Sera-t-on chaque fois prévenu assez tôt ? Aux nombreuses sources d'angoisse s'en ajoute désormais une nouvelle, insidieuse, sournoise, d'autant plus épuisante

Bientôt les Turcs trouvent autre chose. C'est le 18 mai. La nuit, par miracle, a été calme, et, joyeux, croyant presque à la fin du siège, les guetteurs de la porte Saint-André déambulent sur les remparts en attendant que les réchauffent les premiers rayons du soleil. L'opacité graduellement se déchire, le jour se lève.
Mais, par saint Pantaleimon ! qu'est-ce ceci? Là, plaqué contre le mur extérieur, se dresse un immense édifice en bois. Il n'était pas là la veille ! Il a donc surgi pendant l'obscurité, en moins de quatre heures, sans que personne n'ait rien entendu !
Affolés, les guetteurs courent jeter l'alarme. L'empereur et son état-major se précipitent. C'est bien en effet ce qu'ils redoutaient : une hélépode ! cette machine de guerre qu'on a surnommée "mauvais voisin", un de ces châteaux en forme de tour qu'on appelle aussi "preneur de villes". Et quel spécimen ! Il dépasse la hauteur de l'avantmur.
Blindé par une épaisse et double couche de peaux de chameaux, capitonné à chaque interstice de la charpente par des amas de terre, il défie les tirs de l'artillerie. Monté sur de nombreux rouleaux de bois, il peut se déplacer à volonté. Des degrés conduisent jusqu'à sa plate-forme supérieure, où, en plus des usuelles machines de jet, se trouve un ingénieux appareil de cordages permettant de lancer sur le faîte des murailles des échelles d'assaut.
Il dispose en outre de trois baies frontales, véritables fenêtres, par où arquebusiers et archers peuvent commodément déverser leurs projectiles. Et ses trois baies antérieures donnent tout loisir aux terrassiers de miner le rempart, comme de combler le fossé !
Avec des cris de possédés, les Turcs mettent maintenant en action leur machine. De la plateforme supérieure partent d'énormes boulets qui, dans un nuage de débris et un bruit infernal, jettent bas une des tours de l'enceinte. Une brèche est ouverte. Le fossé s'est partiellement comblé. Dans le même temps des centaines d'échelles s'agrippent aux parois du roc. De partout l'assaillant surgit.
Les défenseurs luttent à un contre cinquante. Ils doivent éviter les projectiles, renverser les échelles, boucher les trous, contre-attaquer sans cesse: Ils sont épuisés. Où trouvent-ils encore l'énergie de résister? Et pourtant ils résistent ! Ils résistent même si bien, que le soir tombe sans que les Turcs aient encore pu remporter un succès décisif.




Mais si ces derniers se retirent en proférant mille injures, en eux-mêmes ils rient bien. Ils savent qu'ils reviendront le lendemain, qu'ils reviendront le surlendemain, qu'ils reviendront autant de fois qu'il le faudra pour achever leur couvre et donner le coup de grâce !
Quelle nuit, à panser la muraille, passera, du 18 au 19 mai, la pauvre garnison ! Malgré les fatigues de cette terrible journée, pas un instant elle ne pourra se reposer. Femmes, enfants, vieillards, moines, chacun se mettra aussi de la partie, et, quand le soleil se lèvera, tous auront si bien travaillé qu'il ne restera plus grand-chose des terribles blessures infligées la veille aux remparts.
Pour le Turc, tout est à recommencer. Ses imprécations, sa fureur réchauffent le coeur des chrétiens. Mais il est reparti à l'attaque. Et l'enfer recommence. A nouveau les traits volent, les boulets de pierre s'écrasent, les échelles s'agrippent. L'assaillant, lui, a pu dormir, reprendre des forces. Mais, sans sommeil, eux, les assiégés, n'ont plus tout à fait la même vigueur.
Avec un regain de hurlements, les Turcs saluent leur fléchissement. Enfin ils vont percer la défense ! La ville est à eux ! Bientôt ! Maintenant ! Et c'est alors qu'un miracle se produit. D'immenses flammes jaillissent. Malgré son triple blindage de peaux de bêtes, malgré son double colmatage de terre, le château commence à brûler. Quelques coups heureux ont mis le feu aux broussailles du fossé, et l'incendie s'est propagé. "Allah ! Allah !"
Gesticulant, se lamentant, les Turcs s'affairent autour de leur engin. Au bout de quelques instants, la brillante machine de guerre n'est plus qu'un amas de cendres. On rapporte qu'à la nouvelle, Mahomet accourut sur les lieux, et, de rage, s'écria
- Si les trente-sept mille prophètes de l'Islam m'eussent affirmé que ces maudits détruiraient le château en une seule nuit, je ne l'eusse jamais cru !
Et bientôt ce sera au tour des assiégeants de connaître le découragement. Ils construiront de nouveaux châteaux, et de nouveau la garnison les détruira. Ils creuseront de nouvelles galeries souterraines, et de nouveau et chaque fois, la garnison les éventera; brûlés vifs par le feu grégeois, noyés sous des trombes d'eau ou enfumés par des gaz méphitiques, pas un des mineurs turcs n'en réchappera.
Qui vantera assez le courage de ces héroïques défenseurs ! Privés de sommeil, jamais en repos, les nerfs usés par six semaines de bombardement ininterrompu, connaissant toutes les angoisses d'un lendemain menacé, et quelles menaces ! La mort ou l'esclavage ! Luttant à un contre deux cents, à peine équipés, à moitié affamés, ils trouveront jusqu'à la fin le moyen de parer aux ruses des Turcs, d'affronter leurs incessants assauts, et de ne pas désespérer de Dieu !

Mahomet maintenant est las. Trente ans auparavant, son père Mourad a lui aussi échoué devant la ville. Des bruits courent avec persistance de l'arrivée imminente de secours. Pourquoi ne pas négocier ? Et un jour il se décide à envoyer au basileus un émissaire porteur de propositions avantageuses. Que la ville se rende, et aucun mal ne sera fait à la population : libre de rester ou de partir, celle-ci conservera ses biens. Quant à Constantin, il pourra devenir roi de Morée sous la suzeraineté turque.
Qui n'eût été tenté d'accepter ces conditions ? Mais le dernier basileus était un héros. Il refusa.
- Il n'est ni en mon pouvoir, ni en le pouvoir de personne ici, dit-il, de rendre cette cité. Nous sommes prêts à mourir, et nous quitterons la vie sans regret.
Il avait d'autant plus de mérite à repousser l'offre, qu'il venait d'apprendre de bien tristes nouvelles. Un petit brigantin, parti pour demander du secours en Occident, était revenu sans avoir trouvé la flotte vénitienne. Il avait erré dans les parages de l'Archipel infestés de bateaux ennemis, il était remonté au nord, il s'était aventuré loin à l'ouest : en vain ! La ville ne serait donc pas secourue ! La ville était condamnée.
Si le basileus fit preuve d'un grand courage, que dire de celui du petit navire revenu à Constantinople rendre compte de sa mission ? Il aurait pu gagner l'Occident, choisir le salut. Il voulut tenir sa parole. Du moment que ses frères allaient périr pour leur foi, il estima que son devoir était de périr à leurs côtés ! Et pas un de ses marins ne se déroba.
Mais Mahomet ignore ces événements. II ne peut croire à tant d'apathie de la part du monde chrétien. Sa décision est prise il va lever le siège, et le dimanche 27 mai réunit dans sa tente un conseil de guerre. De nombreux officiers partagent son point de vue. Le Grand Vizir Halil Pacha n'est pas le dernier à l'appuyer. Son discours, étayé d'arguments, fait impression. Comment espérer vaincre cette garnison indomptable ! Des flottes de secours ne sont-elles d'ailleurs pas sur le point d'arriver ? Même si l'on prenait Constantinople, pourrait-on la garder ? Jamais la Chrétienté ne supporterait une telle atteinte à son prestige et surtout à son commerce ! Mieux vaut donc s'en aller de plein gré. Renoncer n'est pas une honte : Mourad le Grand a bien échoué, lui, il y a trente ans ! La majorité de l'assemblée opine du chef et la cause semble entendue. Les Musulmans, en ce jour du 27 mai 1453, ont décider de s'en retourner, Byzance sera sauvée, quand soudain le troisième personnage de l'Empire, un chrétien renégat, Zagan Pacha prend la parole. Il fait honte à chacun de sa lâcheté, évoque les richesses de la ville, la gloire de la victoire. Une énergie farouche émane de lui. Son verbe est de feu. L'assemblée graduellement s'émeut. Les jeunes officiers vibrent. Mahomet lui-même est ébranlé. Que décider donc ? Enfin il prend un parti : il consultera l'armée. Mais comme il charge Zagan Pacha d'organiser le référendum, la réponse est implicite. On lui rapporte dans la soirée que tous entendent s'emparer de la ville.
Ainsi, après avoir longtemps hésité, la petite boule du destin vient de se fixer dans une alvéole. Les Turcs ne lèveront pas le siège, ils s'apprêteront à donner l'assaut final...

C'est le 27 mai 1453 à la nuit que commence le dernier acte du draine. Dans un vacarme épouvantable le camp turc entre en effervescence. Trompettes et fifres sonnent, tambours et tambourins roulent, plus de cent mille hurlements retentissent. Dans le même temps, toutes les tentes s'illuminent d'une multitude de feux et de torches zigzagantes.

La population court aux remparts. Joyeuse, elle croit chez l'ennemi à un immense incendie; certains se l'imaginent même en train de lever le siège. Mais ce qu'elle entend, ce sont les cris suivants
- Nous aurons bientôt tous les chiens de chrétiens dans nos mains !... Nous pourrons les vendre chacun pour un ducat !... Nous ferons avec les barbes de leurs prêtres des cordes pour nos semelles et pour nos chiens !... Leurs femmes et leurs filles seront nos esclaves !
Puis, brusquement, à minuit, dans un silence plus menaçant encore, tout s'éteint, tout se tait.
Le lundi 28, Mahomet réunit ses officiers, et expose son plan. L'assaut devra être donné à la ville de trois côtés à la fois.
Le mur Sud, qui borde la mer de Marmara, sera attaqué par la flotte mouillée aux Deux-Colonnes. L'amiral en chef amènera ses navires à portée de traits et, sous un barrage de projectiles, marins et fantassins s'efforceront d'escalader la muraille. Le mur Est, qui donne sur la Corne d'Or, sera attaqué, du pont de tonneaux, par les troupes campées sur la rive opposée. Les soixante-douze fustes passées par voie de terre appuieront l'action.
Quant à la Grande Muraille terrestre, elle sera assaillie aux deux points les plus faibles : à la porte Saint-Romain et à la porte d'Andrinople.
A ses soldats rassemblés, Mahomet promet trois jours de pillage. Trois jours durant, ils auront, corps et biens, la population à eux. Trois jours durant, ils pourront massacrer, torturer, violer.
- Vous trouverez à Constantinople, leur dit-il, des trésors qui vous rendront riches pour cent ans, vous trouverez une multitude de femmes ravissantes aux formes rebondies, des jeunes filles nubiles de famille noble que l'oeil d'aucun homme n'a encore effleurées. Vous trouverez également - nous sommes en Orient chez des musulmans - de beaux adolescents. Tout cela est à vous !
A Byzance aussi c'est le branle-bas. Hélas, un branle-bas funèbre ! Toute la journée, la « cloche à marteau » a retenti comme un véritable tocsin. D'immenses processions ont parcouru la ville au chant du Kyrie Eleison. Des prêtres, des évêques, des moines, des femmes, des enfants en nombre infini ont prié, pleuré. Les saintes icônes ont été promenées solennellement et ont béni les points les plus menacés du rempart.
Et maintenant voici qu'arrive le moment le plus solennel, le plus émouvant de ce dramatique 28 mai 1453. La nuit est tombée. Quelques heures seulement, on le sait, séparent de l'assaut général. Comment ne pas aller prier dans la principale demeure de Dieu ?
Il faut essayer de ressusciter par la pensée cet office nocturne, cet office, le dernier, où une messe sera dite à Sainte-Sophie, cette cérémonie, l'ultime, où le Christ sera présent dans la Grande Eglise ! Ils sont tous là, agenouillés : Grecs, Génois et Vénitiens, orthodoxes et catholiques, prêtres et guerriers, nobles et ouvriers, basileus et mendiants. Une ferveur commune rapproche leurs lèvres, réunit leurs fronts. L'ombre de la mort plane gale pour tous, et égale aussi cette incertitude tragique sur le sort de la cité.
Demain les « saints et inexpliqués mystères » seront-ils toujours célébrés ici ? Les communions, les hosties que chacun reçoit bouleversé jusqu'aux larmes, ces voûtes profondes les verront-elles encore ?

Mais une rumeur formidable bat soudain la digue. La puissante armée turque a achevé ses préparatifs. Les vaisseaux ont quitté leur mouillage, et se rapprochent de l'enceinte. Les troupes bordent déjà le fossé de leur gigantesque appareil d'assaut. L'attaque va se déclencher d'un instant à l'autre.
Tous les chrétiens remontent aux créneaux. Accompagné de son fidèle serviteur, Constantin XI, à cheval, tient à adresser un ultime salut à sa garnison. Il longe l'immense ligne de la muraille, et sur des kilomètres relève des hommes agenouillés. Imagine-ton promenade plus mélancolique que celle de ce dernier basileus, en cette dernière nuit de sa cité, rôdant déjà comme une ombre sur les remparts ?
Tout à coup, des hurlements effroyables éclatent. Allah ! Allah ! La ilahi ila Allah ! Des milliers de trompettes, de flûtes, de cymbales, de tambours entrent en délire. D'innombrables échelles se plaquent contre les murs. Le grand étendard du sultan se déploie sur toute sa longueur. Il est entre une heure et deux heures du matin : la grande attaque est commencée !
C'est, disions-nous, contre le rempart terrestre que l'ennemi va exercer son effort principal. Contre la muraille maritime il ne s'agira que d'opérations secondaires. destinées à immobiliser le plus possible de défenseurs. Consacrons-leur quelques mots pour n'y plus revenir.
Dans la Corne d'Or, les musulmans se livreront à des attaques amphibies. Sous la protection de l'artillerie, l'infanterie s'avancera en masse sur le pont de tonneaux, tandis que la flotte -les fameuses soixante douze fustes - essaiera d'accoster. Mais les chrétiens riposteront chaque fois victorieusement par une pluie de matières incandescentes, de poix, d'huile et de feu grégeois.
Sur la mer de Marmara, les navires turcs mouillés aux Deux-Colonnes tenteront, chemin faisant, de forcer le barrage de la Chaine. Mais les dix gros vaisseaux postés derrière les repousseront, et ils poursuivront leur route. A une ou deux reprises ils tâcheront de monter à l'assaut des murs, surtout là où veillaient moines et caloyers, mais ils seront chaque fois repoussés.

Venons-en donc au point central de la bataille : dans la vallée du Lycus, autour de la porte Saint Romain. Ici la défense est assurée par Jean Giustiniani et ses sept cents Génois, l'attaque est dirigée par Mahomet II, dont l'étendard domine la plaine.
Il est, comme nous le disions, entre une heure et deux heures du matin. La nuit est noire. La garnison attend, aveugle, le choc. Elle n'a, pour la guider, que cette mer de hurlements qui enfle, enfle, enfle de plus en plus.
Tout à coup s'abat une pluie de flèches et de traits. L'ennemi vient d'arriver sous les remparts, et, au jugé, tire. Des centaines d'échelles sont plaquées contre la muraille. Des nuées d'hommes grimpent sur elles, tandis que d'autres, en bas, les maintiennent. Le tumulte, éternelle arme de guerre, atteint son paroxysme.
Les assiégés ne perdent cependant pas leur sang-froid. About de bras, ils renversent les échelles, coupent les mains qui s'agrippent, taillent en pièces ceux qui sont arrivés à prendre pied, écrasent le restant sous d'immenses quartiers de roc.
Les assaillants ne s'attendaient pas à une telle résistance. Décontenancés, ils commencent à faiblir, perdent graduellement de leur cohésion, se débandent même. Mais ils sont ramenés au combat à coups de fouet, de cimeterre et de masse de fer. Et, grondante, écumante, la vague d'assaut est rejetée contre le rempart.
Des dizaines de milliers d'hommes sont là, tourbillonnant entre les janissaires et les Byzantins. Les uns leur piquent le dos, les autres leur sabrent la face. Au bout de deux heures, ils sont presque tous décimés, et Mahomet autorise les survivants à quitter le champ de bataille.
Ruisselante de sueur, les muscles tremblants, la garnison va-t-elle pouvoir enfin se reposer, récupérer ? Un instant elle pose les armes. Mais voilà que soudain de nouveaux hurlements éclatent, des hurlements "frais", dirait-on ! et une seconde vague d'hommes dispos déferle à son tour sur la muraille. Ce ne sont plus les Bachi-Bouzouks, ce sont les fameux contingents d'Anatolie, trempés, burinés, durs de corps et d'âme. Combien sont-ils ? Trente mille ? Quarante mille ? Plus peut-être !
Une indescriptible angoisse étreint les défenseurs. A toute volée, les églises sonnent de par la ville le tocsin. Les minutes sont comptées. L'assaillant a déjà traversé le fossé, franchi le mur extérieur, et s'attaque maintenant à la palissade de fortune. Partout des échelles sont dressées. Partout des grappes humaines montent, montent inlassablement, bien à couvert sous d'immenses boucliers. Le vacarme continue hurlements des combattants, roulement des tambours, pétarade des canons, des mousquets, des mortiers, cacophonie de fifres, de cymbales, de cloches, de trompettes.
Epuisés, les défenseurs se sont remis à la tâche. Encore ils renversent des échelles, encore ils déversent une avalanche de pierres et de quartiers de roc, encore ils frappent d'estoc et de taille. Mais l'effort leur coûte de plus en plus. Depuis quatre heures ils luttent sans arrêt.
Soudain un énorme boulet vient jeter bas toute une portion de la palissade improvisée. A la faveur de la fumée et de la poussière, une bande de Turcs se rue aussitôt en travers de la brèche. C'est bientôt un corps à corps, presque un enlacement. Le combat atteint un rare degré de sauvagerie.
Serait-ce la fin ? Dans un dernier sursaut d'énergie, la garnison arrive à repousser l'assaillant, et quelque temps après, sabré, taillé, décimé, celui-ci à son tour abandonne le lieu du combat. La seconde vague d'assaut a été brisée.

Succès prodigieux ! Deux mille hommes usés par deux mois de veilles et de tension non relâchée, à peine alimentés, viennent, après cinq heures de combat, de défaire plus de cinquante mille Turcs, dispos, fanatiques, entraînés. Qui ne saluerait un tel exploit !
Alors Mahomet décide de tenter un troisième et dernier assaut. II a tenu jusqu'ici en réserve ses janissaires, ses fameux janissaires, nés chrétiens, devenus musulmans. L'aube vient de percer, éclairant le sinistre champ de bataille. Il est désormais possible de suivre un plan plus ordonné. En quelques phrases brèves, il s'explique, puis lâche ses hommes.
Hurlant, ceux-ci courent à l'assaut. Mais arrivés au fossé, archers et arbalétriers s'arrêtent et organisent un tir méthodique. Une pluie ininterrompue de traits et de projectiles interdit aux défenseurs de sortir de leurs couverts. En toute sécurité l'infanterie peut maintenant disposer ses échelles.
Le vacarme enfle. Tambours et tambourins battent la charge, fifres et cymbales éclatent en notes aiguës, canons et couleuvrines rugissent. « Allah ! Allah ! » Sans arrêt, ce leitmotiv revient, lancinant. La cacophonie est fantastique et évoque des sonorités de l'autre monde.
Chez les Grecs, le tumulte n'est pas moindre. Les cloches sonnent à toute volée, les marteaux appellent lugubrement à l'aide. Partout la confusion est maintenant devenue totale : au pied et le long des murs, où, dans leur hâte de grimper, les janissaires se culbutent les uns les autres, là-haut derrière les créneaux, où, dans la fumée de la poudre, parmi le nuage des traits tombants, femmes, enfants, vieillards, courent éperdus porter des munitions aux combattants.
« Allah ! Allah ! Allah ! Allah ! » Les cris, de plus en plus, se rapprochent, les premières têtes de janissaires émergent au dessus des crêtes de pierre. Toutes les échelles ne sont pas renversées avec leurs grappes noires de possédés. L'ennemi prend pied, saute à l'intérieur. Et c'est bientôt dans le péribole un corps à corps furieux.
Giustiniarri et sa petite troupe de héros sabrent, transpercent, hachent. Où trouvent-ils encore la force, le courage de lutter après tant d'heures d'efforts ? Et cependant, à un contre dix, ils contiennent la poussée, contre-attaquent même avec succès. Pour la troisième fois, l'ennemi va-t-il être mis en déroute ? Déjà il fléchit. Inondé de joie, l'empereur Constantin entrevoit la victoire. Hélas !
A ce moment se produit un incident tragique. La garnison voit flotter dans le lointain sur les tours du rempart, du côté de la porte d'Andrinople, l'étendard de Mahomet. Les Turcs seraient-ils arrivés à forcer la défense ? Auraient-ils déjà pénétré dans la ville ? Va-ton être pris à revers ? Que s'est-il passé ?
Il s'est passé un fait absurde, mais dont les conséquences seront phénoménales. Il y avait là-bas une petite poterne, située en partie en contrebas du niveau du sol, creusée dans la muraille intérieure, et donnant donc directement accès à la cité. C'était la Kerkoporta ou porte du Cirque. Elle était si cachée, que peu de Grecs s'en rappelaient l'existence. A un moment donné, elle avait été, on ne sait trop pourquoi, ouverte, et - distraction fatale ! - n'avait pas été refermée à clef.

L'inconséquence encore aurait pu ne pas avoir de suite : passant inaperçue des assiégés, elle eût dû à plus forte raison échapper à la vue des assiégeants. Seulement le malheur voulut, d'abord qu'en raison de l'écroulement du mur extérieur, l'ennemi fût entré en contact avec, le mur intérieur, et ensuite qu'un corps de janissaires la découvrit inopinément. Il en fit jouer le pène qui, à sa grande surprise, répondit à la pression, et brusquement il se trouva dans la ville.
On imagine sans peine comme il fut suivi ! En un rien de temps, un véritable torrent s'engouffrait dans Byzance même. Prise à revers, la garnison de la muraille intérieure fut en ce point taillée en pièces, et, l'instant suivant, bien haut, la bannière du sultan flottait sur les tours environnantes. Cet incident en soi n'eût pas été dramatique s'il fut demeuré ignoré, car assez rapidement des renforts grecs, venus en hâte, réussissaient à repousser l'assaillant et à le rejeter même au-delà de l'enceinte.
Mais il fut vu, et mal interprété. Voilà que les défenseurs de la porte Saint-Romain se croient maintenant tournés par-derrière. Ils s'alarment, reculent, commencent à se désunir. Se seraient-ils finalement repris ? Il est permis de le penser de cette troupe de héros. Seulement, juste à ce moment un nouvel accident se produit, qui va transformer cette défaillance en catastrophe. Jean Giustiniani tombe, percé d'un coup de pique. Pas un des chroniqueurs ne diverge sur les conséquences de cette chute. Toute la défense chancela.
Du bas du fossé où il se trouve, Mahomet pousse alors un cri de triomphe, et, désignant de la main les remparts, crie à ses janissaires
- Nous possédons la ville ! Voyez, il n'y a plus là-haut de combattants! Suivez-moi !
Des hurlements frénétiques lui répondent, et une vague furieuse déferle. La palissade est submergée, et aussi les débris de la muraille. Les Byzantins maintenant fuient. Les uns sont précipités dans le fossé et massacrés, les autres, pourchassés dans le péribole, sont sabrés par-derrière. Plus rien ne peut s'opposer à la marée turque. Les ultimes portes sont enfoncées, et un flot tourbillonnant, cascadant, mugissant, se déverse, puis roule dans la cité.
Oui, cette fois, c'est bien fini ! L'Empire millénaire, en ce 29 mai 1453, s'est abîmé. Celui qui, pendant tant de siècles, avait été le plus grand Etat d'Orient, le rempart de la Chrétienté, a cessé d'être.
Qu'il se sent seul désormais - seul et révolu - son dernier basileus ! Pourquoi survivre ? Il met pied à terre, lentement se dévêt de ses insignes impériaux, ne conservant que les campagia, ces fameux brodequins ornés d'aigles bicéphales, et, comme un héros déjà entré dans la légende, plonge dans cette mer de possédés. Il frappe à droite, il frappe à gauche, et soudain disparaît, à jamais englouti.
Plus tard, bien plus tard, on retrouvera son cadavre. Alors on le décapitera, et sa tête connaîtra un destin sauvage. Après avoir été plantée, place de l'Augustéon, au sommet d'une colonne, elle sera pendant des mois promenée à travers l'Asie, escortée par quarante jeunes gens et quarante vierges captives, pour annoncer jusque dans les coins les plus reculés le triomphe du Croissant.


Et maintenant voyons comment sera détruite cette ville précieuse...
La première fresque que l'Histoire nous offre de cet enfer dantesque est d'une violence saisissante. Là, à droite, se trouve une église toute couverte de roses : c'est celle de Théodosie, dont on célèbre aujourd'hui la fête. Lentement une procession sort du parvis : des femmes, des enfants, des vieillards, que précèdent des prêtres à longue barbe blanche portant haut les images pacifiantes du Christ et de sa douce mère la Théotokos. Soudain, sur la gauche, fait irruption une masse désordonnée de monstres hurlants, la face suante et striée de crasse, à moitié nus et tachés du sang qu'ils ont versé.
La suite, on la devine. En un instant, le premier groupe se disloque éperdu, mais le second le rattrape. Quelques minutes plus tard, des milliers de cadavres gisent éventrés, tailladés, décapités, rougissant les dalles de nombreuses rigoles.
Et partout il en sera ainsi. Ivres de carnage, jusqu'à la fin de la matinée les Turcs massacreront. Rien ne les arrêtera, rien ne les attendrira. Toute chair sera bonne à transpercer, toute vie bonne à trancher.
Les malheureux chrétiens courent dans les rues, criant, pleurant, suppliant, jusqu'à ce qu'une lance, un cimeterre ou un couteau les étende sur le pavé dans une mare de sang. A l'intérieur des maisons, les femmes sont tirées par les cheveux et précipitées des fenêtres, les vieillards sont fracassés par la tête, et les enfants lardés de coups de pique sous les lits mêmes où ils se sont réfugiés.
Et puis, après le massacre, c'est le viol. Jeunes filles, jeunes gens sont entraînés vers des noces honteuses. Il faut lire la chronique de Critobule, ce chrétien passé plus tard au service du sultan.
« Aucune tragédie, écrit-il, ne pourra jamais égaler celle-ci en horreur. Spectacle navrant et terrible ! On massacrait des malheureux qui, sortis des maisons couraient par les rues, attirés par les cris, et tombaient sous le glaive avant d'avoir saisi la réalité. On les massacrait dans les maisons où parfois ils se défendaient, et dans les églises où ils se réfugiaient. Les soldats turcs enragés... ne faisaient aucun quartier.
« Quand ils eurent massacré et qu'il n'y eut plus aucune résistance, ils ne pensèrent plus qu'à piller, et s'éparpillèrent, volant, dérobant, pillant, tuant, violant, faisant captifs hommes, femmes, enfants, vieillards, jeunes gens, moines, prêtres, hommes de tout âge, de toute condition... il y en eut (des vierges) qui furent surprises dans leur sommeil, agité de mauvais songes, par ces brigands aux mains sanglantes, aux traits respirant la fureur la plus abjecte. Cette cohue de toutes les nations, ces brute effrénées, se ruaient dans leurs maisons; les arrachaient, les traînaient, les déchiraient, les forçaient, les déshonoraient, les violentaient dans les carrefours, leur faisant les plus affreux outrages. »
Les sens assouvis, les Turcs se livrent au pillage. Magasins, maisons, palais, églises, tout sera dévasté. Toujours, selon Critobule
« Les temples furent déshonorés, saccagés et pillés... Les objets sacrés, jetés à terre avec mépris, les saintes icônes et les vases sacrés profanés. On arrachait les ornements sacerdotaux, on les brûlait, on les brisait en morceaux, ou simplement on les jetait à la rue. On violait brutalement les châsses des saints pour en arracher les reliques et les jeter au vent. Les calices, les coupes du saint sacrifice étaient réservées pour leurs orgies ou brisées, ou fondues ou vendues. Les vêtements des prêtres, brodés d'or, de perles et de gemmes, étaient cédés au plus offrant ou jetés au feu pour en retirer l'or fondu.

Mais de ces horribles événements la profanation de Sainte-Sophie sera, à coup sûr, le plus marquant. Dans la grande église une foule immense s'était assemblée, priant désespérément. Les fameuses portes de bronze avaient été fermées. Soudain des coups violents les ébranlent, puis les défoncent, et un flot de brutes, couvertes de sang, déferle dans le lieu saint.
Les Turcs commencent par jouer de la pique ou du cimeterre, mais leur oeil luit surtout de convoitise. Ici, se disent-ils en regardant de tous côtés, la fortune nous attend. Et de se jeter d'abord sur la masse des suppliants. Et un tournemain, tout ce qui est jeune, beau ou sain est dévêtu, dépouillé, parqué.
De hautes dames, de nobles et fraîches adolescentes, nues sous leur longue chevelure dénouée, tombent ainsi en esclavage. Leurs maîtres les ligotent avec n'importe quel moyen de fortune : écharpes, ceintures, mouchoirs, étoles, cordes de tente, rênes de chevaux, d'ânes et de chameaux, puis, avec de violentes bourrades ou à coups de pied, les jettent dehors en longues files vers le port, d'où elles seront emmenées, misérables et avilies, à toutes les extrémités du monde islamique.
Et maintenant au tour de l'église ! Que de trésors s'y accumulaient que la patiente piété des générations avait un à un rassemblés ! Vases sacrés, d'or et d'argent, constellés de perles et de pierreries, vêtements sacerdotaux d'une richesse prodigieuse, reliquaires, icônes, luminaires, tout sera brisé, pillé, anéanti.
C'est à qui par dérision s'affublera des robes des prêtres, promènera les crucifix recouverts d'un turban. Et à tous les vents, parmi les cadavres et les chiens errants, après les avoir arrachées à leur réceptacle de métaux précieux, on jettera ces reliques fameuses qui tant de fois avaient protégé la ville : les corps des plus illustres martyrs, des plus glorieux champions de l'orthodoxie, et les plus célèbres icônes de la Panagia Toute Sainte.
Jamais ne vit-on au cours de l'Histoire, sinon au sac de Jérusalem, pareille désolation, semblable profanation ! Et pour mieux marquer leur volonté de souiller, les Turcs feront entrer, ici leurs chameaux, là des filles publiques, et Sainte-Sophie, toute bruissante encore de tant de cérémonies saintes, deviendra étable et lupanar !
De tout ce brigandage, le sultan a naturellement sa part. Phrantzès, le fidèle serviteur du basileus, a raconté les malheurs survenus à sa jeune et jolie descendance. Sa fille fut jetée au harem impérial - elle avait quatorze ans et mourut de désespoir et son fils Jean, âgé de quinze ans, fut tué de la propre main du sultan pour avoir repoussé ses caresses.
Le sort du grand-duc Lucas Notaras, le second personnage de l'Empire, ne fut pas plus enviable. Mahomet l'avait d'abord comblé de prévenances et d'honneurs. Il avait presque eu l'intention de le nommer gouverneur de la ville, et de l'aider à la repeupler. Or, un soir d'orgie, ayant entendu parler des grâces de son plus jeune fils, il envoya un eunuque le quérir. Notaras répondit au messager que sa religion ne lui permettait pas de consentir à une proposition aussi ignominieuse.
Alors pris de fureur, le Turc se fit amener l'enfant accompagné de son père et de son frère, et manda le bourreau. Notaras demanda à être supplicié le dernier, afin, dit Critobule, « que ses enfants redoutant peut-être la mort ne fussent pas tentés de renoncer à leur foi pour racheter leur vie ».
Debout, pâle, sans baisser les yeux, le malheureux vit décapiter ses deux fils. Puis, après avoir prié, il courba à son tour la tête sous le cimeterre. Quant au sultan, il tint à contempler longtemps la face de ses trois victimes.
Quant à Constantinople, voici le bilan que Critobule a dressé de son sac
« -Constantinople, dit-il, sembla avoir été visitée par quelque ouragan, ou avoir été brûlée dans quelque incendie. Elle devint subitement silencieuse comme une ombre... Les marins turcs furent infiniment actifs dans cette destruction, car ils bouleversèrent, fouillèrent et retournèrent tout, plus scrupuleusement que le Perse Darius n'avait fait à Erétrie; ils saccagèrent les temples, les chapelles, les antiques châsses, les tombeaux, les cryptes, les caveaux, toutes les cachettes les plus reculées; ils scrutèrent partout; ils retirèrent ainsi de leurs cachettes toutes les personnes et toutes les choses... Toute l'Armée, celle de terre et celle de mer, inondant la ville depuis le point du jour jusqu'à la nuit tombante, la pilla et la saccagea, emportant tout le butin dans un camp et sur les vaisseaux... C'est ainsi que cette ville entière fut vidée, dépeuplée, et que, comme par un incendie, elle fut détruite et changée en un tombeau.
Et devant une telle désolation, le même auteur fait ce curieux récit des impressions du sultan : « Quand il vit. les ravages, la destruction et les maisons désertes et tout ce qui avait péri et avait été changé en ruines, alors une grande douleur le prit, et un grand repentir de ce pillage et de toute cette destruction. Les larmes lui vinrent aux yeux, et en sanglotant il exprima sa douleur
- Quelle ville, s'écria-t-il, avons-nous laissée à la dévastation !
"Toute son âme fut saisie de douleur ! Et en vérité, c'était naturel, tant l'horreur de la situation dépassait toute borne".
En Occident aussi l'impression fut prodigieuse. La prise de Constantinople stupéfia les esprits. Personne ne la croyait possible.
Chacun, en tout cas, comprit qu'avec la chute de Byzance une page était définitivement tournée dans l'histoire du monde.
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MessagePosté le: Dim 23 Déc - 13:12 (2007)    Sujet du message: Publicité

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mohamed


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MessagePosté le: Sam 29 Déc - 15:33 (2007)    Sujet du message: La Chute de Constantinople (Istanbul) Répondre en citant

29 mai 1453 Prise de Constantinople par les Turcs

Le 29 mai 1453 figure traditionnellement parmi les dates clé de l'Histoire occidentale. Ce jour-là, Constantinople tombe aux mains du sultan ottoman Mehmet II.
La ville, vestige de l'empire romain, était l'ultime dépositaire de l'Antiquité classique. Elle faisait aussi office de rempart de la chrétienté face à la poussée de l'islam.
La chute finale
La chute de Constantinople devient inéluctable lorsque des envahisseurs venus d'Asie, les Turcs ottomans, traversent le détroit du Bosphore. Ils s'emparent de la plus grande partie de la péninsule des Balkans et installent leur capitale à Andrinople, à un jet de pierre au nord de Constantinople.
Au milieu du XVe siècle, réduite à environ 40.000 habitants et dépourvue d'arrière-pays, Constantinople n'est plus qu'un petit État qui fait la jonction entre l'Occident et l'Extrême-Orient pour le plus grand bénéfice des marchands de Venise et de Gênes. Elle ne dispose pour sa défense que de 7.000 soldats grecs et d'un détachement d'environ 700 Génois.

Cette illustration tirée d'un manuscrit français de 1455 montre le siège de Constantinople avec, à gauche, la Corne d'Or, et au fond, de gauche à droite, le détroit du Bosphore et la mer de Marmara.

Le siège de Constantinople commence en avril 1453 avec 150.000 hommes.
Le basileus (empereur en grec) Constantin XII se fie aux puissantes fortifications héritées du passé pour résister aux Turcs en attendant d'hypothétiques secours. Devant ce triple cercle de murailles, le sultan Mehmet II fait appel à toutes les ressources de l'artillerie. Il dispose de pas moins de 25 à 50 grosses bombardes (canons primitifs) et de plusieurs centaines de plus petites qui vont projeter sans trêve des pierres et des boulets sur les murailles pendant plusieurs semaines d'affilée.
L'immense flotte du sultan complète le siège de la ville par le Bosphore et la mer de Marmara. Elle arrive à entrer aussi dans le chenal de la Corne d'Or.
Arrive l'aube fatale où des dizaines de milliers d'hommes ivres d'impatience entrent dans la ville. Dans la basilique Sainte-Sophie, l'empereur grec meurt, les armes à la main, au milieu de ses derniers soldats. Dès la mi-journée, le sultan peut faire son entrée dans la ville.
Les combats ont fait 4.000 morts. Selon la tradition del'époque, les vainqueurs s'offrent le droit de piller la ville, de violer et de tuer à qui mieux mieux pendant les trois jours qui suivent sa chute. Tous les habitants survivants (25.000) sont réduits en esclavage.
Le sultan Mehmet II, qui songe à faire de Constantinople sa propre capitale et veut lui conserver sa grandeur, veille à ce que les pillages ne s'éternisent pas.
Il fait venir des immigrants de tout l'empire pour rendre à la cité sa splendeur antique. Il peut enfin déplacer sa capitale de la ville voisine d'Andrinople à Constantinople, bientôt rebaptisée Istamboul. Celle-ci atteindra son apogée sous le règne de Soliman II le Magnifique... Notons que jusqu'à la fin de l'empire ottoman, elle conservera une population majoritairement chrétienne
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le monde appartient a ceux qui se léve tôt


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Sukur


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MessagePosté le: Ven 3 Oct - 08:42 (2008)    Sujet du message: La Chute de Constantinople (Istanbul) Répondre en citant

Comme l'avait prédit notre Prophète bien aimé savs, Istanbul sera prise par des hommes aux yeux tirés et aux front larges, c'est à dire nous els turcs.
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Selam aleykum


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:52 (2018)    Sujet du message: La Chute de Constantinople (Istanbul)

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